obsolescence programmée

Obsolescence programmée. Comment lutter contre l’obsolescence programmée. Boom des produits inusables : «Nous assistons à une dynamique de fond»  . bons plans pour contourner l'obsolescence programmée.

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Les bons plans pour contourner l'obsolescence programmée

Meubles, vêtements, électroménager, high-tech... Vous faites peut-être partie des Français désireux de consommer plus "responsable" et "durable" en privilégiant la seconde vie des objets, leur réparation ou encore l'achat d'occasion. Tour d'horizon des solutions anti-gaspi tandis qu'une enquête pour obsolescence programmée a été ouverte jeudi 28 décembre visant le fabricant japonais Epson, une première en France.

Face à l'émergence de ces nouveaux comportements de consommation, bien qu'encore timides, des plateformes en ligne ou réseaux collaboratifs ont fleuri depuis trois ans dans le but de lutter contre le gaspillage et l'obsolescence programmée, qui constitue un délit en France depuis 2015.

À ce titre, le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) a ouvert jeudi 28 décembre une enquête à l'encontre du fabricant japonais Epson, soupçonné de vendre plus d'imprimantes en truquant les cartouches d'encre.

Pour lutter contre la "durée de vie" programmée des objets, le site "Envie" compte parmi les nouvelles solutions. Ses 45 magasins dans l'Hexagone proposent des produits électriques et électroniques d'occasion sous garantie. Le réseau propose également de réparer des objets non vendus par la plateforme.

Ce système permet de faire des économies et de s'équiper avec des machines (lave-vaisselle, réfrigérateur, congélateur, etc.) que l'on n'aurait peut-être pas pu s'offrir.

Dans le domaine high-tech, on peut dénicher des bons plans et produits reconditionnés sous garantie, à prix réduit. Sur le site Backmarket, par exemple, un smartphone iPhone 6S se trouve en cette fin d'année à 350 euros au lieu de 709 euros. À titre comparatif, il peut être utile d'étudier les prix proposés par les opérateurs de téléphonie mobile qui se sont mis à proposer des smartphones d'occasion.

Repair cafés

Vers qui se tourner pour effectuer une réparation ou savoir si son objet est réparable ? Ce n'est pas toujours évident. Pour répondre à ces questions, des associations ou "repair cafés" ont vu le jour dans les grandes villes depuis 2014, suivant le concept lancé en 2009 à Amsterdam aux Pays-Bas pour encourager les consommateurs à réparer plutôt que jeter. Sur place, on participe à la réparation, guidé par des bénévoles.

Autre piste, les ateliers "self-made" pour apprendre à fabriquer ses propres produits d'entretien ou cosmétiques. Ces rendez-vous très présents sur les réseaux sociaux permettent d'échanger des astuces, notamment avec des produits bio et naturels, dont on connaît intégralement la composition.

À noter l'initiative de l'association Zero Waste France, qui a lancé l'opération riendeneuf.org pour l'année 2018, consistant à recommander aux consommateurs de n'acheter aucun objet neuf (hors alimentation et cosmétiques) et de privilégier la réparation et l'achat d'objets d'occasion et/ou recyclés.

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Savoir réparer, ça dépanne !

Le réseau Envie a offert des cours de dépannage dans plusieurs villes.

Par goût du bricolage, pour faire des économies ou lutter contre le gaspillage, de plus en plus de Français apprennent à remettre en état appareils ménagers et électroniques. Rencontre avec les nouveaux adeptes du rafistolage.

Savez-vous changer l’écran de votre smartphone ? Sébastien peut le faire, lui. Début octobre, cet informaticien de 44 ans a pris une RTT pour assister aux ateliers de réparation proposés par Envie, à Lyon, place de la République. Cette entreprise d’insertion, présente partout en France, rénove 94 000 appareils par an et propose des services de réparation à domicile depuis cet automne. Pendant une semaine, Envie s’est installée sur les places de plusieurs grandes villes pour offrir des cours de dépannage et se faire connaître. « Pour le smartphone, il faut d’abord enlever la coque, en dévissant, explique Chamekh, technicien multimédia chez Darty chargé des démonstrations. Sur les nouveaux produits, les vis sont moulées pour l’étanchéité. Il faut les chauffer avec un sèche-cheveux pour les retirer, mais sans faire fondre la coque, c’est délicat ! Attention, il peut y avoir plusieurs tailles de vis, il faut bien les repérer pour pouvoir tout remonter après. » On enlève ensuite la connectique (de l’écran, de l’antenne), la carte mère, on retire la caméra, les capteurs… Et enfin, on installe le nouvel écran, avant de tout remonter.

Comme Sébastien, de plus en plus de Français apprennent à réparer eux-mêmes. D’un côté, nous consommons à outrance. La croissance des ventes d’équipements électriques et électroniques a ainsi augmenté de 8,8 % entre 2014 et 2015, selon l’association Les Amis de la Terre. De l’autre, nous sommes de plus en plus à vouloir résister au tout-jetable en réparant nous-mêmes, pour faire des économies, sachant que les ressources de la planète s’épuisent, mais aussi pour le plaisir de bricoler. Sur Internet, on s’échange des tuyaux. Et dans le monde réel, les ateliers d’autoréparation fleurissent.

Des ateliers consacrés aux voitures

Le milieu du vélo a donné l’exemple. En 1994 naissaient simultanément deux ateliers associatifs à Lyon et à Grenoble. Moyennant une adhésion annuelle, on peut y apprendre à réparer sa bicyclette grâce à des bénévoles. Dès les années 2000, ces ateliers se développent partout. On en comptait six en France en 2005, 30 en 2010… Il y en a 166 en 2016, selon l’Heureux cyclage, réseau associatif qui les fédère. On peut, sur le même principe, bricoler soi-même sa voiture dans des garages destinés souvent à un public précaire ou dans des « self garages », où l’on loue un pont et du matériel. Le site Selfgarage.org recense 152 de ces structures.

Aujourd’hui, le phénomène prend de l’ampleur. En 2007, la Néerlandaise Martine Postma lance le premier Repair Café, à Amsterdam. Le principe ? On réunit des experts bénévoles (mécanicien, couturier, bricoleur amateur…), les clients apportent des objets (parapluies, jouets, appareils électriques, vêtements…). Et les personnes présentes réparent ensemble. On lutte contre le gaspillage, on partage des compétences et on passe un bon moment. « C’est convivial et pas élitiste. L’idée, c’est que tout le monde peut venir », dit David Bourguignon. Ce consultant en développement durable a participé à la création de trois Repair Café à Marseille, fin 2014, auxquels s’ajoute maintenant celui de l’Ecole centrale de la ville. La fondation de Martine Postma en recense plus de 1 160 dans 29 pays, dont 106 en France. Dans l’Hexagone, la Maif vient même de créer une offre d’assurance spécifique pour les Repair Café. Elle protège par exemple des dégâts causés dans une maison par un objet qui a été réparé dans un Repair Café assuré. « C’est un point de départ, explique Sylvain Hermange, chargé de projet responsabilité sociale des entreprises à la Maif. On voudrait aussi rapprocher les écoles et ce type de lieux pour favoriser l’apprentissage par la pratique. »

L’enseigne Boulanger a créé, à Paris, deux plateformes permettant à ses clients de recréer une pièce grâce à une imprimante 3D. - Ingrid Hoffman

L’enseigne Boulanger a créé, à Paris, deux plateformes permettant à ses clients de recréer une pièce grâce à une imprimante 3D.

Quelques géants de l’électroménager sont sensibles à ce mouvement. Le groupe SEB vient d’annoncer que l’ensemble de ses marques (SEB, Rowenta, Moulinex, Calor, Krups, puis Lagostina et Tefal pour les autocuiseurs et l’électroménager) s’engagent à fabriquer des appareils réparables pendant dix ans. Le groupe a créé un entrepôt de 15 000 mètres carrés en Franche-Comté pour stocker 5,7 millions de pièces détachées. Des ateliers d’autoréparation, loués de cinq à dix euros de l’heure, ont par ailleurs été lancés à Limoges, Périgueux et Tours. Trois autres ouvriront avant la fin de l’année. « On fait aussi de la recherche depuis 2015 sur l’impression 3D des pièces détachées », détaille Alain Pautrot, directeur de l’après-vente du groupe. Cela permettrait d’imprimer à la demande certaines d’entre elles, et d’alléger le stock.

Augmenter la durée de vie des produits

Chez Boulanger, l’impression 3D est déjà en place. François Longin, un informaticien présent dans l’entreprise depuis vingt et un ans, passionné de bricolage, a proposé à son employeur de lancer une plateforme où les plans des pièces des appareils de la marque seraient offerts aux clients. Le site Happy3d.fr a ouvert en juin 2016, avec une centaine de plans à télécharger : bouton de gazinière, embout d’aspirateur, trappe de piles de télécommande… Chacun peut ainsi fabriquer les objets (des pièces extérieures, en général) avec une imprimante 3D, chez soi, dans un atelier, ou avec l’une de celles mises à disposition du public dans deux magasins Boulanger parisiens.

Même sur le plan législatif, ça bouge. Doucement. Une loi de mars 2014 oblige ainsi les marques à informer les consommateurs de la durée de disponibilité des pièces détachées. Elle est malheureusement peu appliquée. L’information est introuvable dans 60 % des magasins, selon une enquête de 60 Millions de consommateurs et Les Amis de la terre. Et, en août 2015, une autre loi instaurait le délit d’obsolescence programmée, avec deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende pour les entreprises jugées coupables de « réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement ». Elle n’a donné lieu à aucune condamnation à ce jour. Mais l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) s’est lancée dans le but de fédérer suffisamment de consommateurs pour entamer des actions de groupes (soit 10 000 en France) et mettre en pratique la loi. D’ici là, vous saurez peut-être remplacer tout seul l’écran ou la batterie de votre smartphone.

Internet-les-bons-tuyaux

Sur le Net, les compétences circulent vite. Des sites proposent des tutoriels ou des forums sur lesquels on peut échanger des tuyaux. Fr.ifixit.com, entreprise créée aux Etats-Unis en 2003, est une sorte de Wikipédia de la réparation. Chacun peut y contribuer. Le site propose dans neuf langues, dont le français, plus de 86 000 solutions de réparation pour 6 400 appareils. Le français Commentreparer.com, créé en 2011, met l’accent sur les forums d’entraide (problème d’essorage sur un lave-linge, de minuterie sur un four…). Spareka.fr produit, depuis 2012, des vidéos disponibles gratuitement et vend des pièces détachées (8 millions de références : électroménager, appareils de jardin…). Sosav.fr fonctionne sur le même modèle – diffusion de guides vidéo et vente de pièces détachées –, mais est spécialisé dans les smartphones, tablettes, consoles de jeux, baladeurs numériques… Brico-phone.com est consacré aux smartphones.

Le QG du système D

Dans ce Repair Café de Marseille, des étudiants ingénieurs se font la main, une fois par mois, en aidant les visiteurs à réparer leurs appareils. Reportage dans cet atelier de bidouille et d’entraide.

Une des deux résistances est morte », diagnostique Bastien. Le jeune homme de 22 ans est penché sur le grille-pain de Karla et Patricio, un couple de quadras costaricains, venu vivre à Marseille pour quelques années. Faut-il changer la fameuse pièce ? « Ça coûterait deux fois le prix du grille-pain. On va plutôt la court-circuiter. Les toasts ne seront grillés que d’un côté, mais au fond, on n’a pas besoin de plus », poursuit Bastien. Il y a un an, l’étudiant à Centrale Marseille a créé un Repair café au sein de son école. Tous les premiers mardis du mois (sauf durant les vacances d’été), avec d’autres élèves ingénieurs, il accueille gratuitement les visiteurs pour les aider à réparer des appareils ménagers et électroniques, des jouets…

Une démarche écolo

Dans un Repair Café de?Marseille, le 4?octobre, Karla soude son grille-pain sur les conseils d’un étudiant. - Arnaud Robin

Dans un Repair Café de?Marseille, le 4?octobre, Karla soude son grille-pain sur les conseils d’un étudiant.

Karla a trouvé l’info sur Internet (les divers ateliers d’autoréparation de la ville sont recensés sur Repaircafemarseille.fr). Elle aime l’idée de « faire travailler les étudiants ». Ici, dans le fablab (laboratoire de fabrication) de l’école, ils ont tout ce qu’il faut pour bricoler. Le vaste espace au rez-de-chaussée du campus est équipé d’une découpeuse laser, de plusieurs imprimantes 3D, d’appareils à souder, de perceuses, de tournevis… « Créer un Repair Café, ça me tentait depuis longtemps », raconte Bastien. « Il est un peu écolo dans l’âme », ajoute en rigolant son camarade Valentin, les mains pleines d’encre, au-dessus d’une imprimante au capot ouvert. « J’en ai marre des micro-ondes que l’on jette seulement parce qu’un fusible a lâché », peste Bastien. Parmi la dizaine d’étudiants présents, ce soir d’octobre, certains veulent travailler dans l’informatique, d’autres, dans l’aérospatiale. Bastien l’écolo a décidé de se consacrer, plus tard, au stockage énergétique : « Un facteur essentiel au développement des énergies renouvelables », explique-t-il.

Tout le monde s’y met pour réparer une imprimante

D’ici là, il faut résoudre le casse-tête de l’imprimante sur laquelle est penché Valentin. Et tout le monde s’y met. L’appareil appartient à Delphine, 39 ans, professeur de lettres et d’histoire-géo dans un lycée professionnel, venue avec son ami Roberto. « Vous pouvez passer un coup de dissolvant pour nettoyer », avance Valentin avec une assurance de futur ingénieur. « Ou alors à l’eau, avec un chiffon humide. Après, on ne se sert plus de l’imprimante pendant deux jours pour laisser sécher », propose un de ses camarades. « Ou bien, le problème, c’est le contacteur. La solution, c’est de démonter », dit Valentin. « Une fois, dans une imprimante, on a remplacé un ressort par des élastiques », raconte Bastien. « Ça, ça me plaît », dit Delphine, souriante, qui aime le système D.

« On peut poser des questions aux étudiants »

Ce goût pour la débrouille, la récup, les idées simples, pas chères et pas polluantes rassemble toutes les personnes présentes. Donna, 35 ans, travaille dans la communication. Elle est venue avec sa sorbetière. L’appareil en panne prenait la poussière depuis un an. « Je n’ai pas fait de glace cet été », dit la jeune femme dans un sourire. Avec un étudiant nommé Stanislas, elle a ouvert la machine et constaté que les engrenages qui font tourner les pales sont encrassés et les pales, collées entre elles. « Je vais faire tremper ces pièces en rentrant chez moi pour les nettoyer », explique-t-elle. Stanislas suggère de mettre du détergent dans le liquide de trempage. Donna, adepte du ménage écolo et basique au savon noir et vinaigre blanc, y mettra des cristaux de soude qu’elle a dans son placard.

Caroline, elle, discute sur le canapé avec plusieurs geeks, tous penchés sur son ordinateur portable. « Il est un peu désuet au niveau des logiciels, explique la quadra. Je voudrais installer Linux (un système d’exploitation), qui sera plus adapté à cette vieille machine. » Elle est là pour faire des économies, mais pas seulement. « Ça fait trente ans que je vais à Emmaüs. J’aime cet esprit. Ici, on peut discuter, poser des questions. On n’est pas dans la consommation. Il y a une dimension pédagogique, relationnelle. » Réparer, c’est toute une philosophie de vie. Emmanuelle Vibert

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Imprimantes, téléphones portables, machines à laver… Les appareils dont la durée de vie est délibérément limitée par les fabricants sont nombreux. Tour d’horizon des solutions pour les faire durer le plus longtemps possible.

Pour la première fois, une enquête préliminaire pour « obsolescence programmée » et « tromperie » a été ouverte par la justice française à l’encontre du fabricant d’imprimantes Epson. Il est suspecté de raccourcir délibérément la durée de vie des imprimantes et cartouches. Apple est également sous le feu des critiques pour avoir ralenti volontairement le fonctionnement de ses iPhones 6, 6S et 7 afin de compenser le vieillissement de leur batterie. Plusieurs plaintes ont été déposées contre la firme aux Etats-Unis, en Israël et en France, à l’initiative de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), à l’origine également de l’action contre Epson.

En France, l’obsolescence programmée, qui désigne l’ensemble des stratégies des fabricants pour limiter la durée de vie de leurs produits et pousser les consommateurs à les remplacer plus rapidement, est punie par la loi depuis 2015. La pratique est punie d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende, cette somme pouvant être portée à 5 % du chiffre d’affaires moyen annuel. Mais prouver l’existence d’une telle stratégie industrielle reste difficile.

Ne pas acheter à tout prix

Outre les mesures prises par les pouvoirs publics, les consommateurs ont aussi leur part à jouer. La première chose est de résister aux sirènes de la nouveauté. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée psychologique ou esthétique. Par exemple, selon la Fédération française des télécoms, les téléphones portables sont changés en moyenne tous les 18 mois, alors que leur durée de vie moyenne est de 4 ans.

Acheter plus durable

En termes de durabilité, toutes les marques ne se valent pas. Pour vous aider à choisir un ordinateur ou un jean de qualité, l’association HOP et commentreparer.com ont lancé la plateforme de signalement collaborative www.produitsdurables.fr. Les internautes peuvent y signaler les produits durables ou, au contraire, à faible durée de vie.

Autre solution : repérer les produits qui offrent les garanties les plus longues. Sur le site Internet, www.magarantie5ans.fr, l’électroménager vendu bénéficie de 5 ans de garantie. Vous y trouverez des réfrigérateurs, lave-linge ou encore lave-vaisselle de grandes marques (Bosch, Miele, AEG…).

Entretenir et réparer

Pour allonger la durée de vie d’un appareil, il faut en prendre soin ! Evitez par exemple d’utiliser votre ordinateur portable en le mettant sur vos genoux ou sur votre lit, cela entrave le processus de refroidissement. Concernant l’électroménager, pensez à détartrer régulièrement votre cafetière ou votre lave-linge.

Votre smartphone s’éteint tout seul ? Votre machine à laver fuit ? Tentez de réparer vous-même votre appareil. Sur la plateforme participative, Commentreparer.com, un forum vous permet d’exposer votre problème. Le site propose également des guides pratiques et un annuaire pour trouver un réparateur près de chez soi.

Autre solution : rencontrez des bricoleurs bénévoles dans un RepairCafé. Il en existe un peu partout en France.

Donner une seconde vie

Enfin, plutôt que de garder un appareil que vous n’utilisez plus, donnez-le à une ressourcerie. Ces structures, présentes un peu partout sur le territoire, collectent les objets de toutes sortes (meubles, vaisselle, électroménager, jouets…) pour les réparer et les revendre à prix modiques.

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Boom des produits inusables : «Nous assistons à une dynamique de fond»

Vêtements, voitures, électroménager... les consommateurs ne veulent plus de l'obsolescence programmée. 

De plus en plus de marques produisent à nouveau des objets conçus pour résister dans le temps. Ancienne collaboratrice parlementaire au Sénat, Laetitia Vasseur a travaillé à la rédaction de la première loi contre l'obsolescence programmée et s'est aussitôt passionnée pour le sujet. En 2015, elle a cofondé l'association HOP (pour Halte à l'obsolescence programmée). Elle confirme «une dynamique de fond en faveur des produits durables, dans le sens de plus robustes», mais «on n'en est qu'aux prémices».

S'achemine-t-on vers la fin de la société du « tout-jetable » contre laquelle vous luttez ?
 Il y a encore beaucoup de progrès à faire pour y parvenir réellement, mais c'est vrai que nous assistons depuis plusieurs mois à une dynamique de fond en faveur des produits durables, dans le sens de plus robustes. On n'en est qu'aux prémices. Il faut donc relativiser ce phénomène et rester mobilisés surtout.

N'y a-t-il pas, malgré tout, un effet marketing de la part des fabricants ?
Il faut être conscient bien sûr de l'effet de com essentiel à l'image de ces fabricants. Ils ont fait leurs calculs et misent sur une quantité limitée de retours, lesquels sont souvent d'ailleurs conditionnés ou payants avec les coûts d'expédition. Mais, d'un autre côté, les entreprises qui se lancent dans la conception de nouveaux modèles plus solides et réparables sont liées par leurs discours. Elles prennent un gros risque si elles ne répondent pas à l'attente du consommateur qui non seulement ne l'oubliera pas mais le fera savoir sur les réseaux sociaux.

Avez-vous des exemples de bons élèves ?
Il faut citer en France Malongo, Michelin, mais aussi le rôle précurseur de la société néerlandaise Fairphone en matière de téléphonie qui a réussi à construire un mobile non seulement plus éthique (minéraux extraits dans le respect des droits humains), mais aussi réparable plus facilement par son propre utilisateur. Son prix est élevé, mais il reste tout de même moins cher qu'un iPhone, dont la batterie reste difficile à remplacer.

Les distributeurs français mettent-ils assez en avant ces produits ?
Ça reste compliqué. Même si la prise de conscience est là, beaucoup d'entre eux encore ne sont pas prêts à référencer ce type de produits. Or, le risque est grand de perdre des clients qui vont acheter en ligne.

 

Vêtements, voitures, électroménager... le boom des produits inusables

La Courneuve (Seine-Saint-Denis), jeudi. Les concepteurs de la machine Increvable vont rendre les réparations faciles.

Bientôt la fin de l'ère du tout-jetable ? De plus en plus de marques font machine arrière et produisent des objets conçus pour résister dans le temps.

L'annonce a fait le buzz récemment sur Leboncoin : « Vends sèche-linge, bon état, aucune panne depuis 55 ans. » A Livermore, en Californie, c'est une ampoule à incandescence qui brille dans une caserne de pompiers depuis... 1901 ! Ces cas d'école prouvent que la société du tout-jetable, du « pas rentable à réparer » n'est pas une fatalité. Bien au contraire. Il est possible de produire des vélos, stylos et des ustensiles de cuisine robustes et fiables dans la durée. Bref, increvables ou presque.

La preuve ? De plus en plus de marques en font leur cheval de bataille. Certaines depuis toujours comme Saint-James avec ses vêtements, Le Creuset avec ses cocottes, Dr.Martens avec ses chaussures (gamme For Life). Pour d'autres, la mutation est plus récente, poussée par une demande écoresponsable. C'est le cas de SEB qui s'engage à rendre ses produits réparables dix ans. Ou Michelin qui planche sur un pneu révolutionnaire conçu pour « durer aussi longtemps que la voiture elle-même ».

Obsolescence programmée

Côté consommateur, les mentalités changent. Lancé début 2016, le site anglais BuyMeOnce.com - traduisez « Achète-moi une seule fois » - en est devenu le porte-drapeau le plus célèbre en Europe. En France, la lutte prend la forme d'une association, HOP (Halte à l'obsolescence programmée).

« Selon notre dernière enquête, plus de 91 % des consommateurs sont convaincus que les fabricants usent de l'obsolescence programmée pour écouler leurs produits, explique le sociologue Philippe Moati, coprésident de l'Observatoire société et consommation (ObSoCo). La défiance s'est accentuée avec la crise et la baisse de leur pouvoir d'achat. Ils ont bien compris qu'ils avaient intérêt à mieux dépenser et à investir dans un article qui dure, qu'on peut amortir et réparer. »

«Il ne faut pas croire que l'ancien est forcément mieux»

L'exemple type ? Les outils Facom. Même plus chère que ses concurrents, la marque cartonne depuis plus de soixante ans. En cas de souci, le client peut compter sur une garantie d'échange ou de réparation gratuite à vie qui mobilise pas moins de 18 personnes. « La garantie longue durée ou à vie est une vraie avancée en ce qu'elle oblige le fabricant à revoir la conception de ses modèles pour les rendre plus solides, souligne Philippe Moati. On vit un changement de modèle où la qualité revient en force et le consommateur a tout à y gagner. »

Même le géant suédois du mobilier à petit prix s'y met. Ikea propose le Sladda, son vélo en kit ultra-résistant dont le cadre est garanti vingt-cinq ans, tout l'inverse de ses produits difficilement démontables et remontables. Comptez tout de même 750 € pour vous l'offrir.

« On va dans le bon sens, mais il ne faut pas croire que l'ancien est forcément mieux : un vieux lave-linge va consommer beaucoup plus d'eau et d'énergie qu'un modèle récent », tempère François Carlier, directeur général de l'association CLCV. De même, attention à ne pas payer le prix fort sous prétexte de garantie et durabilité.

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INUSABLE. 50 ans, un bel âge pour un lave-linge

Elle se revendique comme « la première machine à laver pensée dès sa conception pour pouvoir être facilement réparée et évoluer au fil du temps ». Son objectif : durer cinquante ans contre dix ans habituellement. Pas étonnant qu'elle s'appelle l'Increvable. Ses deux concepteurs vont permettre des mises à jour de ses performances énergétiques (eau et électricité) et rendre les réparations facilement réalisables par son propriétaire. L'Increvable n'est pourtant pas encore commercialisée. Prévu début 2018, le lancement a été repoussé à l'automne.

« Notre cuve est assemblée au tambour par un système de vis qui revient plus cher que de souder la cuve avec le tambour », explique Christopher Santerre, cofondateur de l'Increvable qui parcourt toujours l'Europe en quête d'un fabricant. « Mais au moins, cela permet à notre lave-linge d'être facilement réparable. De même, nous avons opté pour une cuve en inox et non en plastique injecté pour qu'elle soit solide et ne soit pas abîmée en cas d'oubli d'une pièce de monnaie dans la poche d'un pantalon. » La machine sera commercialisée 200 € plus cher que ses rivales. « La qualité a un prix », justifie-t-il, sûr que « les clients sont prêts à mettre le prix pour un produit qui leur tiendra des années »

DEMONTABLE. Même le bouton de volume peut être changé

Quelle est la durée de vie d'un smartphone ? L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie l'estimait, en 2013, à « plus de dix ans ». Ça, c'est sans casse ni panne ! En réalité, la durée d'utilisation d'un mobile en France était de 22,2 mois en 2016, selon le cabinet Kantar. Pour faire face à cette obsolescence organisée, il y a maintenant Fairphone, firme hollandaise créée en 2013. Elle a mis au point un smartphone qui peut non seulement se réparer par simple changement de modules, mais aussi monter en technologie. Comment ça marche ? Si votre batterie vous lâche, rendez-vous sur Fairphone.com/fr puis « service client », « pièces de rechange » et choisissez. La batterie coûte 20 €. La caméra de 12 millions de pixels s'affiche à 45 € et, pour l'écran, comptez 87 €. Châssis central, vis, haut-parleurs, flash, vibreur, câble radio, bouton de volume. On peut tout changer facilement grâce à des tutoriels.

Seul bémol, le délai de traitement des commandes : environ deux semaines. Fairphone, qui a déjà convaincu 100 000 clients, en est à son deuxième opus, le Fairphone 2, vendu 529 €. Actuellement en rupture de stock sur le site du fabricant, il est disponible en exclusivité chez Orange.

INFATIGABLE. 150 000 km sous garantie

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Le sud-coréen Kia est le constructeur automobile qui propose de façon continue la plus longue garantie pour l'ensemble de ses modèles. « Sept ans ou 150 000 km, précise son porte-parole, Xavier Domenech-Cabaud. Nous avions lancé une première offre de ce type au Mondial de l'automobile à Paris en 2006, sur notre modèle Cee'd, avant de la généraliser en 2010. » D'autres constructeurs tentent de temps en temps ce genre d'offre mais de façon ponctuelle. Mitsubishi par exemple avait proposé en 2012 une offre à dix ans de garantie sur son modèle ASX. Ssangyong, sud-coréen lui aussi, a également lancé en octobre 2015 une offre à sept ans de garantie ou 10 000 km.

Attention : il ne s'agit pas toujours de la garantie constructeur. Les marques peuvent en effet faire appel à des réassureurs pour les prolonger. « Ce qui n'est pas le cas chez Kia, souligne Xavier Domenech-Cabaud. C'est un signe de confiance dans la fiabilité de nos produits. Un automobiliste français parcourt en moyenne 13 000 km par an, soit 91 000 km sur sept ans. A 150 000 km, la plupart de nos clients sont donc assurés d'être sous garantie pendant sept ans d'utilisation. »

REPARABLE. 5,7 millions de pièces de rechange et 40 000 références 

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Booster la durée de vie de ses appareils électroménagers, c'est le défi que s'est lancé le groupe SEB. Il a retravaillé pendant dix ans la conception de ses produits et la disponibilité de ses pièces détachées afin de tenir son engagement en 2016. Le numéro un mondial du petit électroménager a d'abord expérimenté son dispositif sur ses marques SEB et Rowenta avant de l'élargir l'an dernier à l'ensemble de ses articles réparables : SEB, Rowenta, Moulinex, Calor, Krups ou encore Tefal... 97 % de ses appareils disposent désormais du logo « produit réparable pendant dix ans ».

Le groupe conserve près de 5,7 millions de pièces de rechange pour plus de 40 000 références dans son entrepôt géant situé à Faucogney-et-la-Mer en Franche-Comté. SEB s'appuie aussi sur son réseau de 6 500 réparateurs dans le monde (dont 250 en France). Et si besoin le groupe peut recréer ses pièces manquantes grâce à l'impression 3D.

EQUITABLE. La machine à café montée à la main

EK'OH est un concept de machine à café expresso économe et réparable avec 21 bars de pression d'extraction. Garantie 5 ans, cette machine du torréfacteur français Malongo propose un service après-vente gratuit à domicile. Son concept repose sur un assemblage des pièces par emboîtage manuel pour faciliter son démontage et sa réparation en cas de panne. Installé près de Nice, Malongo a travaillé à réduire la consommation électrique de sa machine fabriquée en Vendée.

A la fois recyclable et écoresponsable, EK'OH est vendue sous deux formes : en achat classique (150 €) et en formule d'abonnement (6,50 € par mois) qui permet d'en devenir propriétaire au bout de 24 mois (pour un coût total de 156 €).

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Commentaires (2)

1. direect (site web) 24/05/2022

c'est trop cher à réparer

2. Julie 26/04/2021

Moi je vous conseille les choses suivantes :

Vous munir de votre boite de l'appareil et de chercher vos pièces avec le code modèle, c'est très important. il y a beaucoup de versions d'un même appareil et pour peu que vous n'ayez pas la version mainstream, vous êtes bon pour un retour ! Par exemple sur Piece-mobile.com vous avez souvent les code et révisions indiqué, mais sur Ebay ils n'y sont pas.

N'hésitez pas aussi pour faire des économie à changer la couleur de votre pièce car c'est souvent possible.

Enfin, investissez dans de bons outils qui ne seront pas à usage unique..

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